Esprit de famille!

Quand on débarque en Côte d'Ivoire de notre France natale, il est une différence qui est vraiment percutante: le respect et l'obéissance aux aînés.

A part ceux qui se sentent frondeurs, c'est une hiérarchie respectée et franchement destabilisante pour moi.

La vie a fait de moi une aînée, enfin, une aînée issue d'un mariage voulu. J'ai un frère aîné, Augustin, qui entretient des relations tendues avec mon père. Il est issu d'une union voulue par mon grand-père mais pas par mon père. En tant que tel, il n'est pas considéré comme l'aîné de la famille. Il a le désavantage de ne pas venir de la France si bien que, même en étant une femme, je suis considérée comme l'aînée, celle qui supplée mon père en cas de besoin, celle qui a l'autorité sur le reste de la fratrie et sur les terres! (De façon théorique cepandant, la réalité empêche la mise en appplication de cette autorité.)

En France, depuis la révolution, je dirais que les cadets coupent la tête de leur devanciers, le respect des anciens est majoritairement amoindrit, les aînés bien souvent ridiculisés (cf publicités montrant des bambins systématiquement plus malins que leurs parents). Cela ne me choque pas particulièrement, je vis ici et il me paraît bien logique certaines fois de se rebeller contre l'autorité.

Mais là-bas, je me suis soudainement retrouvée investie d'un pouvoir inconnu: une autorité incontestée sur mes petits frères et soeurs. Et j'avais pour mission de les remettre dans le droit chemin...!

Mon père, du temps où il était en fonction à la mairie de Lakota en tant que responsable du service des naissances et décès, gagnait bien sa vie et cela suffisait pour nourrir tout le monde et avoir des stocks de nourriture. Puis il atteind l'âge de la retraite et là...catastrophe! Sa jeune femme dû se mettre au labeur pour l'aider financièrement, car malgré sa maigre pension de retraité, les quelques loyers qu'il touche et les récoltes des champs familiaux, il ne parvient pas à nourrir tout le monde. Certains jours, c'est le jeûne forcé.

Le problème est que la fratrie drapée dans son statut privilégié passé n'a pas compris qu'il n'est plus possible de rester à attendre que la nourriture tombe toute cuite dans son bec. Alors voilà la mission qui me tomba sur les épaules à peine arrivée sur place. Mon père et mon futur mari me poussèrent à saisir l'occasion de changer leur mentalité: le choc d'enfin rencontrer leur grande soeur de l'Europe devait jouer en ma faveur pour les motiver à évoluer...

Alors, oui, ce fut une sacrée expérience pour moi qui n'ai jamais eu a régler de tels problèmes chez autrui, ma soeur se débrouille seule et m'a déjà "coupé la tête"! Quelle impression de pouvoir, car oui, d'après ce qui m'était dit, j'avais du pouvoir et j'avais la possibilité de l'utiliser pour le bien commun. Oulala!!!

Garder la tête froide car après tout, je ne les connais pas, je viens d'arriver, on me dit que je peux aider tout le monde a grandir mais comment ne pas me sentir mal? Ne pas faire comme mes ancêtres: ne pas venir et dire à tous ce qu'il faut qu'ils fassent?

Raté!

L'idée qui m'est venue après avoir pris des renseignements auprès de Papa sur sa situation financière, fut d'organiser une grande réunion avec tous ceux qui se trouvaient sur place. Epaulée par Dan, j'essayais de trouver le ton juste pour savoir qui était qui, qui faisait quoi. Car ce qu'il faut savoir, c'est que la maison abrite beaucoup de monde: Papa, sa femme "Madame", Adélaïde (fille de Papa, seule de sa fratrie), Armel, Tina, Larissa (tous fils de Madame et mon père), Lago (fils de madame d'une union précédente), Marguerite ( la soeur de Madame), Rose, Robert et Yacinthe (petits frères et soeurs de Papa), Armand et Diane (présents car ses parents habitent trop loin de l'école), ceux venus me saluer, etc.

De gauche à droite: Tina, Yacinthe, Madame, Armel, Adélaïde et la petite Larissa.

Tous mes frères et soeurs ainsi que ceux de Papa vont à l'école sauf Rose. La soeur de Madame aide un peu celle-ci pour la préparation des gâteaux qu'elles vendent. Les deux jeunes gens qui habitent  là pour être proches de l'école aident aux travaux ménagers, Rose aussi, un peu.

Finalement les seuls à rapporter de l'argent sont Papa et Madame, c'est peu!


L'idée de la réunion était de faire comprendre à tous qu'il était temps de se secouer pour aider les chefs de famille à nourrir tout le monde. Alors, avec Dan, nous avons passé en revue toutes les personnes présentes en leur demandant de réfléchir à ce qu'ils pourraient faire pour cela dès maintenant.

 

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Commentaires (1)

nadia nahoui
  • 1. nadia nahoui | 15/12/2011
c'est une bonne initiative de réunir tout ce monde.il est temps ke chakin participe a sa manière a la vie familliale

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