Mon arrivée

Que de vertiges!

 



Première fois en avion!

Première fois à des milliers de kilomètres de la France!

Première fois dans la moiteur tropicale!

Et, pour la première fois voir mon père, pour la première fois voir sa photo s’animer, me sentir dans ses bras, le serrer dans les miens...

Qu’en dire sinon qu’une telle émotion est rare, précieuse, qu’elle me touche encore rien que d’y penser.

J’étais toute de blanc vêtue, comme pour un baptême, vierge de tout préjugé, ouverte à toutes les découvertes.

Alors que je passais les douanes, je le vis au loin, il avait forcé les portes arguant de son rang et de notre rencontre hors du commun.

Une vague d’émotion me prit et des larmes commencèrent à envahir mes yeux, mon visage.

Les gens me laissèrent passer tous surpris par ce qui se passait : mon père, Dan, Tina ma tante, étaient là, en face et je me mis à presser le pas pour franchir les guichets guidée vers les bras de mon père. A ce moment-là, tout le monde se mit à pleurer  et à pleurer encore! Mon père me serrait à me casser les os, puis Dan, et ma tante et mon père à nouveau.


Il y avait peu de monde dans l’aéroport mais beaucoup étaient là pour m’accueillir. Une vingtaine de personnes au moins! Les frères de mon père que j’ai tous reconnu comme tels à cause de leur grand front si  familial, et d’autres membres de la famille, dont je ne me souviens plus car, moi, je flottais, dans les bras de mon père.


POUR LA PREMIERE FOIS DIRE:"PAPA".

 

 

Il fallut qu’on me rappelle de signaler mon arrivée à ma mère ainsi que  le fait d’être bel et bien accueillie à l’aéroport.

Tout le monde parlait, mon père et moi pleurions, serrés l’un contre l’autre. Nous sortîmes du bâtiment en direction du parking, chacun voulait se faire connaître, me toucher, les mots volaient autour de ma tête. Après des discussions, il fut décidé de qui faisait quoi et nous montâmes dans une voiture. Je n’écoutais toujours  rien,  n’entendais pas vraiment.

Les fenêtres étaient ouvertes et je respirais à pleines narines les effluves plus ou moins nauséabondes qui provenaient des bas-côtés de la route. La guerre civile n’était pas loin, elle avait laissé des traces comme des barrages militaires pour sortir du cœur de la capitale, une espèce de couvre-feu. Il faisait nuit, la ville était vide, la voiture était pleine, nous roulions vers la maison de ma tante, étonnamment guidés par Dan qui n’y était pourtant allé qu’une seule fois!

 

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Commentaires (1)

Dogou Guillaume
  • 1. Dogou Guillaume | 27/05/2012
je pleure moi aussi à te lire

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