Dan au pays, et moi ici

Malheureusement, à la date prévue pour mon départ, je n’étais pas prête et reculais mon voyage d’une semaine.


Dan, lui, en arrivant, éreinté, après un voyage interminable à cause du retard de l’avion,  sortit de l’avion avec un drapeau du Brésil entre les mains.
Un homme, joyeux, vint le prendre dans ses bras: «Gabriel???»
«Non.»

 
C’était seulement un homme content de rencontrer un brésilien!

Les ivoiriens adorent le foot et les dieux en la matière: les brésiliens!

D’ailleurs, nous nous sommes rendu compte à plusieurs reprises qu’être brésilien en Côte d’Ivoire était un plus!

 

  Puis, il vit un petit homme...

Mon père qui le prit dans ses bras, tout ému:

Dan représentait la chair qui annonçait la venue de sa chair disparue.

A la sortie de l’aéroport,  les soucis de Dan n’étaient pas terminés car les taxis se disputaient la possibilité de les transporter. Alors que sa valise montait et descendait de voiture au gré des prises de force, Dan vit rouge et choisit où enfin monter pour en finir!!

  Pendant que je cherchais l’argent pour compléter la somme déjà réunie pour mon voyage, Dan explora le village, les gens, la ville. Il était déjà connu de tous après seulement  2 semaines de présence sur place. La radio locale parlait de lui, de moi, car tous réclamaient la présence de Dan pour qu’il raconte comment j’étais, comment nous nous étions rencontrés. Tout ce qu’il savait de moi en fait. Ils entendaient parler de moi par mon père depuis plus de 30 ans! Enfin quelqu’un d’autre apportait des détails tout frais.

Dan est très charismatique, il est musicien professionnel depuis plus de 20 ans, aussi est-il à l’aise pour se mettre sous la lumière.

 Il joua de la musique en direct sur l’antenne de Radio Lokoda, chanta, fit des duos avec le musicien du coin, Emmanuel.

 Il tenta aussi de leur faire comprendre que j’étais comme tout un chacun, qu’en aucun cas je n’étais une reine ou un mythe!

 Bref, tout le district savait mon arrivée imminente

 et tout le monde savait que mon futur époux était dans la maison de mon père.

  Et mon père emmena Dan serrer quelques mains dans la ville.

 En fait, ils firent le tour des innombrables connaissances paternelles !

 

 ***********

 

La maison familiale

 

 La construction de la maison de Papa n’est pas finie, les murs n’ont pas encore de revêtement, le sol non plus.

 Des toilettes et une douche étaient en projet.

 Quand Dan s’est aperçu de cela, il décida qu’il fallait préparer mon arrivée et finir la salle d’eau.

 Papa insista pour qu’un homme qu’il connaissait participe aux travaux.

 Dan n’était pas très enthousiaste mais il accepta.

Ils allèrent donc  avec Papa chercher du matériel pour faire le sol et installer la douche. 

 

Dans ce magasin, Dan comprit aussi quelle était la notoriété réelle de Papa.

 Alors qu’il cherchait à marchander et que le vendeur refusait,

 l’homme qui participait aux travaux se mit à invectiver le vendeur en lui indiquant qu’il s’agissait d’achats pour

 Monsieur Guizot.

 «Comment! Le chef Guizot!?! Celui de la mairie? Celui qui fit les papiers administratifs pour mon magasin.

 Pour accueillir sa fille de France? D’accord, d’accord, je baisse alors. C’est ma participation.»

 ...!

 Il fallut creuser un grand trou pour l’évacuation, faire une chape en ciment et ainsi de suite.

 Bref, ils installèrent tout pour que je me sente à l’aise.

 

Cette salle d’eau est réservée aux adultes (moi, Dan, Papa, Madame) et à la petite dernière très privilégiée, Larissa.

 Les autres vont derrière la maison,

 une palissade y est installée autour d’un grand trou recouvert d’une dalle en ciment.

 

Un malentendu éclata entre Dan et Papa quand l’homme vint demander à être payé pour son travail.

L’un pensait que l’autre allait le payer et vice versa!

Dan avait déjà donné le matériel et n’avait pas voulu de cet homme pour l’aider.

 Mais Papa n’avait pas d’argent.

 J’étais arrivée à ce moment-là et je vis la scène entre cet homme et mon père.

Ce dernier, tranquillement installé sur sa chaise, le pied sur la table fit comprendre à l’homme qu’il était dans son intérêt de baisser ses prétentions tarifaires. Mon père est chef, et on a toujours besoin de l’aide d’un chef, si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain.

 Il faut voir loin…

 L’homme baissa son prix mais ce fut Dan qui paya encore, tout colère.

Commentaires (1)

Bardoux Claude
  • 1. Bardoux Claude | 23/03/2013
félicitation un merveilleux travaux que ce site

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